Dimanche 28 septembre 2008

Monsieur le Président, 

Lors de votre discours du Latran et de votre discours de Ryad, vous avez trahi l'esprit de la loi de 1905 et choisi unilatéralement de briser le consensus républicain autour de la laïcité dans notre pays. Vous avez fait ceci alors que vous êtes le garant de nos lois. C'est visiblement un choix que vous assumez... Il est vrai que sur ce thème cependant vous aviez annoncé la couleur avant les élections présidentielles en publiant un ouvrage où vous exprimiez votre conception du rôle de la foi et des églises dans le champ sociétal. Vous avez repris à votre compte le discours développé par l'église catholique depuis plusieurs décennies, démontrant une attitude des plus réactionnaires en rupture totale avec la majorité des français qui ne se reconnaissent pas dans les propos de l'église catholique et de son pape.

Lors de votre discours de Toulon, vous avez fait encore plus fort. Non seulement, vous vous êtes vraiment moqué des français (de ceux qui vous ont élus mais aussi de ceux auxquels vous aviez assuré que vous seriez le président de tout les français) mais vous avez eu, de plus, l'audace de vouloir nous faire passer des vessies pour des lanternes. 

Vous nous avez montré depuis un an comment votre projet politique qui devait amener 1% de croissance supplémentaire est  un échec. Vous n'avez su agir favorablement ni sur l'emploi, ni sur la précarité, ni sur le niveau de vie des français, ni sur la recherche, ni sur la gestion du budget de l'état, ni sur le déficit récurrent de notre commerce extérieure, ni sur la place de la France dans le monde (maintenant complètement inféodée aux USA dont la politique extérieure est pourtant extrêmement critiquable et qui est même remise en causes par les américains eux-mêmes)  mais en plus vous n'avez rien vu venir de la crise financière actuelle. Si gouverner, c'est prévoir, nous pensons qu'il est tend de vous poser des questions sur votre capacité à diriger un pays, sur votre manière de travailler en rupture totale avec le fonctionnement usuel des nos institutions qui prévoient que nos ministres soient vraiment en charge des dossiers sans avoir la continuelle tutelle de vos conseillers.

Notez qu'il vous aurez suffit de lire quelques ouvrages de Pierre Larrouturou et les documents de travail de fond produits par le groupe de travail Nouvelle Gauche qu'il coordonne depuis plusieurs années (Oui au PS il y a des gens qui travaillent et qui ont des idées neuves à proposer) ou encore l'un des derniers rapports de l'ONU pour être informé des dangers de la récession et des enjeux de la crise actuelle. 

Votre analyse de la crise est pitoyable. Prétendre que la crise demande à accélérer les réformes que vous avez mises à votre programme de 2007 est une arnaque intellectuelle. C'est la libéralisation des marchés et la levée de toutes les réglementations régulatrices que vous prônez à longueur de discours depuis plus de 30 ans qui sont la source du désordre mondial actuel. S'il faut en effet mener rapidement des réformes de fond, il faut le faire dans une perspective nouvelle aux antipodes de la votre. Il ne faut donc pas, par exemple, envisager la mise en place de crédits hypothécaires en France comme vous l'aviez asséné pendant la campagne présidentielle ni miser sur la seule relance de la recherche et de l'innovation pour nous sortir du chômage.  Il faut un projet neuf qui visiblement est au delà de votre horizon.

Sauvez le système financier mondial est indispensable pour éviter le crash complet qui se fera au détriments de millions de citoyens dans l'ensemble des pays du monde qui connaîtront encore plus de chômage, de précarité et de misère, si ce n'est le retour de la barbarie comme ce fut le cas dans les années 1930. Mais il faut aller plus loin. Il faut remettre les états en situation de réguler l'économie pour qu'enfin l'économie se mettent au service de l'humanité plutôt qu'au service de quelques uns. En combattant les paradis fiscaux dont la plus grande partie est pilotée directement par des intérêts américains ou européens (voir "Les paradis fiscaux" de Ch. Chavagneux et R. Palan aux éditions la découverte, 2007), nous pourrons remettre en place une redistribution équitable des richesses ainsi qu'une fiscalité rénovée répondant vraiment à l'urgence sociale et sociétale que nous connaissons actuellement.

Pour tout cela nous vous demandons au minimum des excuses publiques. Mais si vous avez vraiment la culture du résultat... Montrez le et tirez-en toutes les conséquences ! Et si le matin en vous rasant vous vous regardez dans la glace en pensant à autre chose qu'à votre place de président ou à votre prochain effet de manche, envisagez objectivement quelle pourrait-être la meilleure action que vous pourriez accomplir pour la France ! Démissionner n'a rien de stupide ni d'abject surtout quand on prend conscience que l'on est pas à sa place. Rappelez-vous que l'habit ne fait pas le moine, ni dans les ordres ni dans le service de la nation.

Par NouvelleGauche93
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Commentaires

Bravo pour votre pugnacité ! Ne lachons pas, continuons le combat de dénonciation des dogmes et mensonges du gouvernement et du MEDEF, et poursuivons le travail de médiatisation des solutions anti-pensée unique de Pierre Larrouturou / Nouvelle Gauche ! Faisons pression (amicale) sur les co-signataires de la motion "Un Monde d'Avance" pour que Pierre soit au maximum mis en avant. Au passage, Pierre sera en chat sur nouvelobs.com vendredi 3/10 : http://forums.nouvelobs.com/politique/546699-1468/0-nok/Pierre+Larrouturou.html
Commentaire n°1 posté par MKL le 30/09/2008 à 11h54
Le problème de cette lettre ouverte c'est que vous semblez vous adresser à un seigneur ou un maître dont vous semblez être déçus. Comme si Sarkozy était "roi des Français" ou, comme vous dites "président des Français" qui serait chargé de diriger la France. Relisez les articles 20 et 21 de notre Constition pour comprendre que cet homme usurpe la place et la fonction du gouvernement. Vous auriez dû vous coontenter de le remettre à la place qui est la sienne, définie par l'article 5: "être le garant" du fonctionnement de nos institutions. Hors, il viole le fonctionnement de ce qu'il avait la charge de garantir. En vous adressant à lui comme vous le faites, vous ne dites rien sur ce viol de la Constitution et vous légitimez de facto cette usurpation. Comme beaucoup d'ailleurs et tout particulièrement Martine Aubry qui, décidément n'a rien compris.
Commentaire n°2 posté par doyennel le 23/05/2009 à 10h29
Visiblement mon texte est trop alambiqué. Il me semblait pourtant  faire une allusion claire à l'article 21 de la constitution quand je disais que les ministres ne jouent qu'un rôle secondaire et qu'ils ne sont visiblement pas les maîtres des dossiers relevant de leur ministère puisque ce sont les conseillers de l'Elysée qui pilotent. Sur le fond, je suis tout à fait d'accord avec vous. Sur la forme, il me semble que Sarkozy est habile puisque d'un point de vue formel ce sont les ministres qui présentent les lois au conseil des ministres. On ne peut que regretter que l'esprit de la constitution ne soit pas respecté mais sur la forme elle l'est belle et bien... Sarkozy est aidé en cela par le fait qu'il a nommé Fillon et des ministres qui acceptent les règles du jeu qu'ils se fixent entre eux... S'il y avait clash, c'est là que l'on pourrait arguer de la constitution mais ce n'est pas encore à l'ordre du jour malheureusement. Mais on peut toujours l'espérer.  
Réponse de NouvelleGauche93 le 30/05/2009 à 00h50

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