Monsieur le Président,
Lors de votre discours du Latran et de votre discours de Ryad, vous avez trahi l'esprit de la loi de 1905 et choisi unilatéralement de briser le consensus républicain autour de la
laïcité dans notre pays. Vous avez fait ceci alors que vous êtes le garant de nos lois. C'est visiblement un choix que vous assumez... Il est vrai que sur ce thème cependant vous aviez
annoncé la couleur avant les élections présidentielles en publiant un ouvrage où vous exprimiez votre conception du rôle de la foi et des églises dans le champ sociétal. Vous avez repris à
votre compte le discours développé par l'église catholique depuis plusieurs décennies, démontrant une attitude des plus réactionnaires en rupture totale avec la majorité des français qui ne se
reconnaissent pas dans les propos de l'église catholique et de son pape.
Lors de votre discours de Toulon, vous avez fait encore plus fort. Non seulement, vous vous êtes vraiment moqué des français (de ceux qui vous ont élus mais aussi de ceux auxquels vous
aviez assuré que vous seriez le président de tout les français) mais vous avez eu, de plus, l'audace de vouloir nous faire passer des vessies pour des lanternes.
Vous nous avez montré depuis un an comment votre projet politique qui devait amener 1% de croissance supplémentaire est un échec. Vous n'avez su agir favorablement ni sur l'emploi, ni
sur la précarité, ni sur le niveau de vie des français, ni sur la recherche, ni sur la gestion du budget de l'état, ni sur le déficit récurrent de notre commerce
extérieure, ni sur la place de la France dans le monde (maintenant complètement inféodée aux USA dont la politique extérieure est pourtant extrêmement critiquable et qui est même remise en causes
par les américains eux-mêmes) mais en plus vous n'avez rien vu venir de la crise financière actuelle. Si gouverner, c'est prévoir, nous pensons qu'il est tend
de vous poser des questions sur votre capacité à diriger un pays, sur votre manière de travailler en rupture totale avec le fonctionnement usuel des nos institutions qui prévoient que
nos ministres soient vraiment en charge des dossiers sans avoir la continuelle tutelle de vos conseillers.
Notez qu'il vous aurez suffit de lire quelques ouvrages de Pierre Larrouturou et les documents de travail de fond produits par le groupe de travail Nouvelle Gauche qu'il coordonne
depuis plusieurs années (Oui au PS il y a des gens qui travaillent et qui ont des idées neuves à proposer) ou encore l'un des derniers rapports de l'ONU pour être informé des dangers de
la récession et des enjeux de la crise actuelle.
Votre analyse de la crise est pitoyable. Prétendre que la crise demande à accélérer les réformes que vous avez mises à votre programme de 2007 est une arnaque intellectuelle. C'est la
libéralisation des marchés et la levée de toutes les réglementations régulatrices que vous prônez à longueur de discours depuis plus de 30 ans qui sont la source du désordre mondial actuel. S'il
faut en effet mener rapidement des réformes de fond, il faut le faire dans une perspective nouvelle aux antipodes de la votre. Il ne faut donc pas, par exemple, envisager la mise en place de
crédits hypothécaires en France comme vous l'aviez asséné pendant la campagne présidentielle ni miser sur la seule relance de la recherche et de l'innovation pour nous sortir du chômage. Il
faut un projet neuf qui visiblement est au delà de votre horizon.
Sauvez le système financier mondial est indispensable pour éviter le crash complet qui se fera au détriments de millions de citoyens dans l'ensemble des pays du monde qui connaîtront encore
plus de chômage, de précarité et de misère, si ce n'est le retour de la barbarie comme ce fut le cas dans les années 1930. Mais il faut aller plus loin. Il faut remettre les états en situation de
réguler l'économie pour qu'enfin l'économie se mettent au service de l'humanité plutôt qu'au service de quelques uns. En combattant les paradis fiscaux dont la plus grande partie est
pilotée directement par des intérêts américains ou européens (voir "Les paradis fiscaux" de Ch. Chavagneux et R. Palan aux éditions la découverte, 2007), nous pourrons remettre en place une
redistribution équitable des richesses ainsi qu'une fiscalité rénovée répondant vraiment à l'urgence sociale et sociétale que nous connaissons actuellement.
Pour tout cela nous vous demandons au minimum des excuses publiques. Mais si vous avez vraiment la culture du résultat... Montrez le et tirez-en toutes les conséquences ! Et
si le matin en vous rasant vous vous regardez dans la glace en pensant à autre chose qu'à votre place de président ou à votre prochain effet de manche, envisagez objectivement quelle
pourrait-être la meilleure action que vous pourriez accomplir pour la France ! Démissionner n'a rien de stupide ni d'abject surtout quand on prend conscience que l'on est pas à sa place.
Rappelez-vous que l'habit ne fait pas le moine, ni dans les ordres ni dans le service de la nation.

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