Alors que le PS devrait être montré du doigt pour les difficultés qu'il rencontre à proposer une alternative crédible à nos concitoyens, les médias s'acharnent chaque jour un peu
plus à monter en épingle la petite phase de Martine, le commentaire acide de Benoît, la sortie de Bertrand, le bon mot de François, le plan com de Ségolène ou encore l'hésitation de
certaines anciennes personnalités du PS devant les offres d'ouverture... Quand ce n'est pas la trahison d'un mammouth qui ne croyant pas au réchauffement climatique ne voit pas que
son espèce est déjà condamnée !
Ce balai médiatique dessert évidemment les intérêts de chacun d'entre nous car, alors que la crise avance et que le modèle libéral montre à tous des limites claires mettant en danger
l'organisation de nos sociétés, il est indispensable d'inventer des solutions neuves. Il nous faut sortir rapidement de l'organisation sauvage qui mène le monde aujourd'hui au bénéfice
de quelques uns et au détriment de la très grande majorité des hommes et des femmes de tous les pays du monde (sans parler des autres êtres vivants et de notre planète au sens
large) .
Alors qu'avec la défaite de l'Allemagne nazie puis la chute de l'URSS, beaucoup avaient eu l'impression que l'idéologie avait été vaincue et que, dorénavant, seule demeurait une vision
pragmatique de l'économie, la crise actuelle nous rappelle douloureusement que l'idéologie est massivement à l'oeuvre aujourd'hui : hors du libéralisme point de salut nous
dit-on encore dans les médias ! La concurrence libre et non faussée est un paradigme que l'on n'a pas le droit de remettre en cause même si tout démontre son inanité.
Les partis de gauche eux-mêmes se sont retrouvés désemparés par la victoire par K.O. du modèle anglo-saxon et ont rompus avec l'analyse marxiste de l'économie capitaliste sans en
proposer une nouvelle suffisamment pertinente pour saisir la gravité de la crise structurelle majeure qui se préparait et que nous connaissons aujourd'hui. Ce faisant, ils ne proposent
pas un cadre de réformes à la hauteur des enjeux actuels.
Il est donc maintenant indispensable que les responsables politiques de tous bords se mettent au travail pour sortir des poncifs éculés rendus caducs par la crise. Il
faut les forcer à sortir de l'idéologie destructrice qui les anime. Certains mènent un travail de fond depuis lontemps pour répondre à cet enjeu, malheureusement ils ont pour
l'instant été écartés du pouvoir par les jeux politiciens. Ce moment de crise intense leur donne une opportunité nouvelle.
Même les médias font le jeu de l'UMP en flingant le PS à vue, les choses commencent à bouger. En particulier, en ce qui concerne la gauche européenne, les élections europénnes de
2009 marquent un tournant historique dans la mesure où pour la première fois dans l'histoire, 27 partis de gauche de l'ensemble des pays de l'union proposent un programme commun (le
manifesto) suceptible d'inverser la vapeur et de redonner à l'Europe les moyens de créer les conditions d'une régulation économique et financière dans l'intérêt de tous.
De son côté, la droite, pétrie de certitudes, en guise de réponse à la crise, veut accélérer les réformes néolibérales. Ceci constitue une fuite en avant incroyable et doit être
sanctionnée par le vote.
Ne nous faisons pas piéger par le débat orchestré par les médias. Soutenons le programme commun proposé par la gauche européenne. Le 7 juin, votons en connaissance de cause !
Bertrand Laforge

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